Les cigarettiers ont longtemps cherché à nier le lien de cause à effet entre la fumée du tabac inhalée par le fumeur et la multitude de maladies qu’elle provoque, stratégie qui manquait de plus en plus de crédibilité à partir des années 1950. Peu à peu, l’industrie a plutôt tenté de mettre l’accent sur la responsabilité individuelle des fumeurs, qui selon elle assumaient librement les (énormes) risques reliés à la consommation du tabac. Pour ce faire, il fallait, bien sûr, occulter toute la question de la dépendance à la nicotine.
Quoi qu’on pense de l’aspect éthique de cette stratégie, on ne peut douter de son efficacité sur le plan des relations publiques. Par contre, elle n’aide évidemment pas à protéger l’image de l’industrie en ce qui a trait au fait que la fumée secondaire est nocive aux non-fumeurs et en tue un nombre appréciable à chaque année. Pour se défendre, l’industrie ne voit qu’une seule possibilité : faire tout pour discréditer les résultats de recherches indépendantes sur la question, et crier haut et fort qu’un produit toxique dilué n’est plus toxique du tout.
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